Le Chant du Cygne - Extrait

Bon, je me lance... Voici un extrait de ma plus importante fiction. Voilà environ 6 ans que j'ai commencé à la réfléchir et la façonner. Je n'écris que depuis un ou deux ans...

L'extrait que je vous propose est la description d'une statue représentant le Dieu de la Mort (Erugo) dans le monde du Cygne (jumeau de la Déesse de la Vie, youhouu). Le récit est de point de vue interne, par le personnage principal (qui ici est une fillette de 8 ans. Elle profite de l'inattention de sa mère pour aller jeter un coup d'oeil à ladite statue dont elle n'a normalement pas le droit de s'approcher).

 

Bonne lecture !

 

PS : première correction faite après lecture (et épluchage) du commentaire Holdwin

 

 

 

Je me suis arrêtée de marcher lorsque la distance qui me séparait de l'idole pouvait être comblée par la longueur de mon bras. C'était ridicule, je le reconnais, mais j'avais peur de toucher la pierre grise.

Je levais les yeux pour regarder le visage d'Erugo, ne pouvant discerner ses traits dans la pénombre de sa capuche de roche. Seul le bas de son visage était visible, figé dans un sourire terriblement doux. Il se tenait debout, légèrement courbé vers l'avant, son bras gauche tendu vers le sol. La musculature de l'avant bras était anormalement développée et trop fortement tracée pour être humaine. Pourtant, sa main était parfaitement normale, à l'exception de ses long ongles effilés et pointus. Son autre bras était caché avec le reste de son corps sous une immense cape à capuchon qui s'ouvrait devant lui dans un réalisme criant. Le rayon de soleil de la meurtrière tapait son dos, et cela gardait secrètes les formes de son corps. On pouvait cependant voir deux squelettes s'accrocher à ses jambes, comme s'ils étaient embourbés dans la cire des bougies. L'un des deux, à qui il manquait le bas du corps à partir du bassin, avait agrippé le pantalon sombre d'une main, et tentait d'attraper la main tendue du Dieu de l'autre. Ses orbites vides semblaient désespérés et suppliants. Ses doigts d'os blancs étaient crochus et je pouvais presque les voir trembler sous la souffrance que devait endurer ce malheureux. La scène avait été fixée ainsi dans la roche juste avant que les deux paumes ne se rencontrent, donnant à la représentation un semblant de mobilité et de vie. Si la pierre s'était subitement mise à s'animer pour qu'Erugo attrape le squelette, cela ne m'aurait pas surprise.

Je déposais ma bougie près de la cage thoracique fissurée du mort suppliant, et lui adressait une courte prière d'encouragement et de paix, fermant les paupières.

 

Cathy

Commentaires (4)

1. Maewenn 15/11/2013

Alors je vais commencer par les bon points (et il y en a beaucoup).
Tu as une description très vivante et peu passive ce qui est assez impressionant étant donné qu'au départ tu décris une statue. De plus tu réussi à bien incorporer la description dans un point de vue interne, c'est à dire que ton personnage n'est pas juste un observateur passif mais donne une vision subjective qui créer un puissant ressenti chez le lecteur. On voit que tu maîtrise l'exercise et ta description permet au lecteur de s'immerger, c'est vraiment bien exécuté.
Après il y a quelques petits point qui m'ont gênés. Il y avait le coup de s'arrêter à longueur de bras qui m'a fait faire une pause, mais si tu dis que c'est fait exprès, pourquoi pas. Ensuite, dans la même idée, certaines tounures de tes phrases font longuettes, je pense notemment à la lumière qui tape dans le dos et cache les formes du Dieu, je pense qu'il est possible de faire plus court, pareil pour la moitié de squelette. Enfin certaines de tes expressions font froncer les sourcils telles que le contraste avant-bras/main ou avec "parfaitement normale" qui est démenti dans la même phrase, ou "musculature tracée". De même avec "terriblement doux" qui amène à penser que dans la sculpture même l'idée que le sourire n'est pas sincère est inscrite dans la roche. Enfin quand tu parles en premier lieu de "pierre grise" et que tu écris plus tard que les doigts sont "d'os blanc" sans préciser s'ils sont peint où d'une autre pierre ou si c'est juste l'imagination du personnage. Mais là encore je chipotes...
Voilà, dans l'ensemble ta description est quasi-parfaite, le reste est vraiment mineur et ne gêne pas vraiment la lecture. J'aimerais bien voir le reste, ça m'a l'air très intéressant.

2. Cathy 12/11/2013

Alors alors... Cette distance de bras vous perturbent tous pn dirait :p ! C'est un effet voulu cette tournure longue. Mais si ça choc tant que ça je remplacerais...
Pour ce qui est du bras tendu vers le sol, en fait je voulais vraiment marquer le regard descendant sur la scene. C'est a dire que la fille ne voit pas les squelettes a terre, au depart, et donc qu'Erugo tend la main vers le sol. Cette main est d'ailleurs le seul élément de jonction entre la hauteur du Dieu seul et pas spécialement d'apparence mauvaise (pire, son sourire est doux), et le "monde du dessous" où les morts souffrent de diverses manières. C'est donc à la fois une main qui va vers le bas (dans le mouvement) et vers le haut (l'espoir du cadavre à ses pieds d'être soutenu et ramassé) d'où sa bipolarité normale/anormale. Mais j'm'emballe.
Enfin, concernant l'interdit de toucher, non. Juste qu'elle ne le fera pas pour deux raisons. Une officielle et une officieuse :
-officiellement, c'est une enfant sans direction magique pour le moment. Elle ne touchera aucune statue divine hormis celle de ses parents car elle ne se sent liée à aucune divinité. En conséquence, elle va restée neutre et non "investie" avec les représentations. Curieuse, mais neutre (c'est mieux expliquer dans le chapitre d'où est tiré cet extrait)
-officieusement, tu as touché coulé (haha.). Comme tu le sais peut-être, cette fillette va grandir et devenir aveugle, se retrouvant plus tard à cette même statue. La description sera donc totalement différente, balançant entre le souvenir, le touché et sa Vision (sorte de vue magique du monde, a coup de flux colorés indistincts...)mais parlant exactement de la même chose. Donc le touché, c'est pour plus tard (et là je me regalerais...!)

3. Nicolas 11/11/2013

Je suppose que tu veux un avis sur la qualité de la description.

C'est très détaillé, et on voit bien à quoi ressemble l'ouvrage. Cependant, je remarque deux trois termes , qui sont à mon sens mal choisi(je pense au terme "tracée" pour la musculature) et surtout "le bas du corps à partir du bassin" qui aurait gagner à etre remplacer par "jambes" , ou "les jambes et le bassin" si le second manque aussi. Dans le meme genre quand tu décrit la distance qui sépare le personnage de la statue , tu doit pouvoir faire beaucoup plus conçit.
Egalement le fait que tu décrive le bras comme s'étendant vers le sol est troublant , puisque en réalité il va vers un des squellette, tu ne dis pas que quelqu'un étend sa main devant lui alors qu'il s'apprète à ouvrir une porte , tu dis simplement qu'il tend sa main vers la poignée.
Enfin, mais la je chipote, tu décris sa main comme normale, et puis en fait non, j'aurai dit que cette main contraste avec l'apparence musculeuse de son bras plutot.

Y'a il quelque chose dans le setting ou dans le plot qui interdise completement le personnage de toucher la statue? Dans la pénombre comme ça tu peux faire des descriptions interessantes avec le toucher(meme si une enfant très jeune se fera peu de réflexion sur la finesse de la sculpture)

4. Holdwin 11/11/2013

Je me suis arrêtée à un bras de distance de l'idole. C'était ridicule, je le reconnais, mais j'avais peur de toucher sa pierre grise.

Je levais les yeux, fixant le visage d'Erugo, pour chercher à discerner ses traits dans la pénombre de sa capuche de roche. Seul le bas de son visage était visible, figé dans un sourire terriblement doux. Il se tenait debout, légèrement courbé vers l'avant, son bras gauche tendu vers le sol. La musculature de l'avant bras était anormalement développée et trop fortement tracée pour être humaine. Pourtant, sa main était parfaitement normale, à l'exception de ses long ongles effilés et pointus. Son autre bras, caché avec le reste de son corps sous une immense cape à capuchon, s'ouvrait devant lui dans un réalisme criant. Le rayon de soleil de la meurtrière tapait son dos, gardant secrètes les formes de son corps. On pouvait cependant voir deux squelettes s'accrocher à ses jambes, comme s'ils étaient embourbés dans la cire des bougies. L'un des deux, à qui il manquait le bas du corps à partir du bassin, avait agrippé le pantalon sombre d'une main, et tentait d'attraper la main tendue du Dieu de l'autre. Ses orbites vides semblaient désespérés et suppliants. Ses doigts d'os blancs étaient crochus et je pouvais presque les voir trembler sous la souffrance que devait endurer ce malheureux. La scène fixait dans la roche le moment précédent la rencontre des deux paumes, donnant à la représentation un semblant de mobilité et de vie. Si la pierre s'était subitement mise à s'animer pour qu'Erugo attrape le squelette, ça ne m'aurait pas surprise.

Je déposais ma bougie près de la cage thoracique fissurée du mort suppliant, et lui adressait une courte prière d'encouragement et de paix, fermant les paupières.

(Mon avis, en espérant avoir été utile
Holdwin)

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