Triptyque de la distance

D'un Triptyque...

Tableau en trois fresques, frêle et diligent, voici les vers infligés par le temps et l'espoir, la distance et l'émoi. Jaillissant d'un sentiment tiraillant et souffletant, chaque sonnet trouve pourtant sa cadence dans les bras de l'être aimé, comme un mémoire d'un temps futur, le désir de réduire la distance...

 

de Ruh 

à Lou.

 Manque

 Brûlure de l'écorce céleste

Qui tapisse mes pensées,

La distance et la peur qui molestent

L'esprit meurtri à panser.

 

Les ruelles s'effacent et délestent

Tout leurs vices et leurs nuées,

Le manque y croupit, horrible peste,

S'infiltrant dans mes nausées.

 

Cendres rétrogrades d'une geste

Je couve une folle gemme.

Placardez ce cruel manifeste

 

Sous le joug de l'être aimé.

Ou bien dites-lui ô combien je l'aime

Et rêve de l'embrasser.

 

 

le 26 Avril 2012

Absence

 Rayon insatisfaisant perçant le ciel diurne,

Cette couche napalm a ranimé les crues

De mon cœur si languit, qui se transforme en urne

Pour les cendres du manque affabulant les rues.

 

Gouffre béant dans ma poitrine où il séjourne,

Il manque le mortier pour refonder les murs,

Il manque ta présence, ô belle qui enfourne

Par tes simples baisers, pour guérir mes brûlures.

 

Feu par le feu, pétrir l’épave et condenser

Les atomes qui forment ma nécessité,

Fais vite ! Avant que le décompte ne m’implose…

 

Mais rien ne pourra changer la félicité

De simples retrouvailles dans les brumes, Rose,

Où nous nous en irons ensemble pour danser.

 

 

Le 9 Mai 2012

Noir

 L’aube s’effondre sur un courlis cendré,

Et des liasses – cyanure – pleuvent en crécelle

Sur le carrelage de noir empoudré

Lorsque d’une chute tombe l’étincelle.

 

Le tombeau de la luciole est de marbre,

Mais d’un filet de pensées mornes et rebelles

Où des murmures démoniaques palabrent,

L’ébène sommeil s’en vient saisir la belle.

 

Pour enlever ce pieu enfoncé si fort,

Vider les viles monceaux remplissant l’amphore,

Ce voile ténébreux nous envenimant,

 

Un mot, un seul, notre unique pansement

Est bien – il s’énonce en silence, il me semble

-      Simple, feutré, encore et toujours : ensemble.

 

 

Le 21 Mai 2012

à Warwick

Ruh




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