Anien

Anien

ou de la Raison à l'Instinct

de Ruh

 

Souffrance. Mes entrailles brûlent et répandent leur haine aux confins de mon corps, alors que je titube entre les piliers hautains de ces bois. Je suffoque, m'étrangle de rage, et cours, fuis, sans but et sans âme. Il ne me reste que mon corps pour me porter et il se consume déjà. Tout mon être se ligue contre l'horreur, et veut se transformer en un autre. Je sens mes boyaux se tordre en tous sens, tentant vainement de s'échapper de l'enveloppe charnelle qui les confine contre un foie malsain et un cœur parjure. Le sang pulse, pénètre jusque dans la moelle de mes os, animant ce qui retient le tout, détruisant la charpente solide et autrefois fidèle. Elle ne me soutient plus. Mon corps veut se mouvoir librement, mon esprit abdique face à cette énergie de confusion qui s’empare de moi, et me rend lâche, malléable, oblique. Si je la suis, je suis perdu. Si je ne le fais pas, j'implose. Que faire, alors ? Mourir ?

Je ne veux pas mourir. Je ne veux pas perdre encore autre chose...

Derrière moi, des voix résonnent, et avec elles, la terreur. Je jette dans ma fuite les dernières lueurs d’énergie qu'il me reste, et me trace un chemin à travers les arbres. Le sol est vallonné, peuplé de pierres et de racines, si bien que ma course est à plusieurs reprises interrompue par des glissades incontrôlées sur ces branchages tortueux. Ils sont proches, j'entends leurs pas qui foulent les mêmes sentiers que moi. Une roche se dérobe à mon passage, et je manque de justesse de trébucher. Je suis fatigué. Je cours déjà depuis longtemps.

Je chancelle, j'avance tant bien que mal dans la forêt qui m'entoure. Des arbres centenaires s'élèvent là, imposants et oppressants. Ils me regardent, sans me voir, dédaigneusement, je le sens, oui, ils me méprisent maintenant. Je suis méprisable, ils ont raison. Je l'ai perdue, ma vie, après tout. Oui, je l'ai perdue. Et j'erre, pourquoi ? Pour vivre. Comment ? Je ne sais pas, comme un animal en fuite, sans doute. Traqué par autrui et lui-même. Comme il le mérite.

Je saute par-dessus un arbre mort sur ma route. Derrière celui-là, je bifurque, profite de son abri pour essayer de perdre mes poursuivants. Je les entends maugréer, maudire mon agilité alors qu'ils escaladent le tronc à terre, et que je file toujours plus rapidement, animé par la peur. Une crevasse se dessine le long de la pente, derrière des fourrées. Je m'enfonce dans celle-ci, m'appuie sur les murs pour assurer ma chute. Là, je m’immobilise. A mes côtés, un chevreuil, mort, plein de sang, empestant la maladie. Ses yeux vitreux me regardent comme si je pouvais le sortir de sa torpeur. Je ne peux rien faire. Je retiens mon souffle.

Le feu brasse en bas ce que le fleuve pétrit en haut. C'est la marée ondulante qui me prend la tête à deux mains pendant cette attente. Mon crâne est le cadre d'une altercation naissante. J'ai peur, mais le manque de respiration laisse de nouveau des filets de pluie coupables jaillir à foison et couler insidieusement le long de mes yeux hagards. Et au-dedans, c'est l'océan furieux qui s'enflamme, à la fois tonnant de sarcasme, et engourdissant ma pensée moribonde, spectacle intime de douleur obscurcissant les lumières de l'esprit assailli de toutes parts. D'un côté l'incendie, de l'autre l'inondation. C'est mon âme incertaine qui flotte dans l'inconsistance de ses moyens, impuissante, et qui tente désespérément de se traîner dans l'oubli.

Je les entends se questionner : ils ne m'ont pas vu. L'un flaire ma piste. Je l'entends approcher de la crevasse, doucement, le traqueur en mouvement. Silence. Il est presque au-dessus de moi, je le sens. Il va me voir. Je me plaque un peu plus contre la paroi, regarde en haut. Je vois sa tête se pencher dans ma direction. Un insecte immonde tente d'immerger de la terre meuble derrière ma tête. En haut, il hume l'air, il ne m’aperçoit pas. Faites qu'il ne me voit pas. Au sol, des milliers de fourmis ainsi qu'une araignée se disputent la chair du cadavre. Au-dessus des souches me surplombant, il sursaute. Mon âme en suspens. L'araignée gravit le monticule que je suis. Là, par-delà les fibrilles, Il a l'air dégoûté maintenant. La carcasse, sans doute ? Il se détourne, je les entends se remettre en chasse. Je respire enfin. Mais difficilement. Un poids demeure alors que je sors de cette tombe, et pars dans la direction inverse à mes opposants.

 

On peut oublier un souvenir, mais pas un sentiment.

Peine. Tristesse. Incontrôlable mimique, incurable partenaire qui harcèle jusqu'au terme du séjour terrestre. Je la connais à présent. Je la connais, cette harpie qui griffe la gorge évanescente et crie dans l'onde intérieure, qui saisit l'espoir pour le mettre en charpie, qui sale les plaies, et immobilise la raison derrière un voile de sensations, de terreur, de mutisme ! Et bien, je suis muet à présent. Je renonce à la parole, traîtresse infâme, courtisane viscérale, je renonce à toi, langage, berceau de culture, de meurtre et de convoitise ! Oui ! J'y renonce, je me baigne dans le silence qui m'apportera peut-être le réconfort. Je sais que lui seul le peut, avec son absence de symboles, lui qui laisse une multitude d'images privées de sons. Mais comment faire pour s'y tenir, abandonner réellement ces associations de sens et mon esprit affable, corruptible ? Comment vivre dans l'instant, alors que mon corps se consume, se déchire et devient lambeaux de stimuli ?

Je tombe de douleur et de cette pente. Mes pas peu assurés m'ont mené jusqu'à un promontoire derrière lequel la chute était certaine. Je tombe, je roule, les branches et rochers martèlent ce qui reste de moi, mais la souffrance du corps et bien maigre face à celle de l'âme. Je ne vois plus qu'un tourbillon de formes brunes et d'infinies teintes de verts. Des feuilles virevoltent, et tranchent les nappes des troncs sous mon regard. Je ferme les yeux par peur de les blesser. Ma chute semble durer éternellement, mais ce n'est pas encore assez long. Lorsqu'elle s'achève, je reste en position fœtale, me laissant aller à la haine de mes larmes.

Je reste ainsi, sans conscience du temps qui passe, et c'est tant mieux. Je ne veux pas savoir depuis combien de temps j'ai tout perdu. Je veux vivre, oui, mais oublier. Est-ce possible, alors, d'oublier aussi les sentiments ? Je ne sais même plus ce qui m'a mis dans cet état, je n'arrive plus à m'en souvenir. Mais pourquoi chercher les causes quand les résultats sont là ? Pourquoi tenter de savoir ?

J'ouvre les yeux. Je suis dans une clairière où une cascade éclaire l'orée des sombres chênes qui m'entourent. L'eau dessine le décor d'un havre où les roches d'obsidienne soutiennent une brume évasive, flottant au-dessus du torrent qui irrigue la mousse et les pierres, comme le sang dans mes veines. Mais l'eau est calme, tranquille, maternelle. Elle éteint mon feu, et me fait oublier pour un moment l'océan. Une goutte dans l'eau... Un son, un seul, et mon âme s’apaise, comme l'animal qui entend le sifflet de son maître. Je marche jusqu'au ruisseau, lentement, droit, mais chancelant. Je tombe, et finis le chemin en rampant. Je bois enfin la douceur du bois.

A quoi bon pleurer ? Les larmes n'ont jamais changer la face du monde, à ce que je sache. Le monde, lui, pleure continuellement, par ses sources, ses fleuves, ses océans. Alors lorsque je pleure près du ruisseau, sans me souvenir de la raison de mon tourment, c'est comme si je pleurais avec le monde lui-même, comme si je le comprenais mieux en ce jour. Et lorsque je cherche autre chose derrière ces pleurs, derrière ces perles de douleur, je ne trouve rien. Un être ruiné. Mes vêtements sont effilochés, martyrisés de telle manière qu'ils sont le reflet de mon sentiment intérieur, les lambeaux de toile faisant écho aux débris de mon cœur. Quelques tâches de sang y demeurent, mais la plaie mentale est béante, et ne laisse plus de place aux blessures physiques.

Un bruissement. Près du lit de cette source de calme, une belette vient s'abreuver. Curieuse, elle me regarde d'un œil vif, elle se déplace comme une tige oscille sur le rebord d'un verre, et qu'à chaque tremblement naît un geste abrupte, éphémère. Et là, sa fine tête, apposée sur un cou élancé, est sauvage et docile tout à la fois ; féroce mais confiante, elle me regarde de ses yeux innocents. La belette coule vers l'eau, anguille terrestre, puis vers moi. Hésitante d'abord, puis enhardie, elle s'approche, et m'observe, hissée sur ses deux pattes arrières. Je penche ma tête sur le côté, comme pour l'inciter à venir plus près. Aussitôt, elle perçoit le message, se pose délicatement et grimpe rapidement sur moi.

Cette complicité, cet instant de tendresse m'envahit comme l'eau et le feu l'avaient fait avant. Apaisé, je le sens jaillir en mon cœur comme une nuée de libellules qui infeste les plus sombres recoins de mon être. L'infection est prodigieuse, insoutenable, un véritable berceau d'osier me prenant par surprise. C'est un moment fraternel que nul ne peut arrêter, ni même le trauma qui résidait en mon esprit. Mon cœur s'emballe encore, mes membres tremblent, ma gorge se serre, divisée entre la joie et la peine. Je suffoque. La belette se réfugie dans mes bras. Mes yeux embués regardent ce petit être qui se confie entièrement à mes soins. La harpie tente de se battre contre la nuée, mais la multitude finit par la vaincre momentanément. Je pleure, encore, mais de joie cette fois. Je remercie le hasard qui a mené ce jeune animal – par pur instinct – a se livrer à un inconnu, lui apportant réconfort et amitié... Désarmé, je puise dans cette aura de félicité, et m'endors à ses côtés.

 

 

 

Dans une brume citadine, par des couloirs en terriers où racines et boue se confondent sur les murs, une toute jeune créature se meut rapidement sur ses quatre pattes, chassant une souris égarée qui file à travers les tunnels. L'enfant créature est une bien étrange bête... Recouvert d'une fine fourrure rousse, il a les membres courts, et alors qu'il poursuit sa proie, ceux-ci se fondent dans son mouvement de telle manière qu'il glisse sans à coups, vif et ondulant sur la terre meuble de son parcours. Ses pattes sont munies de pouces d'homme, prolongées de griffes recourbées lui permettant dans ce couloir circulaire de ne faire aucun cas de la gravité alors qu'il arpente agilement ses parois de haut en bas.

Mon esprit hagard suit la piste, les particules de poussière fouettant mon visage alors que je prends la place de l'animal. L'air est empli d'un fumet acide et humide, mélange sauvage saisissant hardiment mon museau lors de ma course. Stimulé, je suis ma proie alors que les murs se resserrent autour de moi. La brume devient de plus en plus opaque et mes membres bougent mécaniquement. Je cours plus rapidement encore, je galope sans relâche, je la suis, je la suis...

Explosion de couleurs. Je me retrouve dans une ruelle indigente où la lumière parvient difficilement à éclairer mon chemin. Autour de moi, semblant guider mes mouvements, des fils argentés, tels des cheveux dispersés dans le vent, s'enroulent et se défont sur mon passage. Alors que je passe sous une alcôve, une étrange rosée ruisselle le long de mon corps, semblant venir de nulle part. Les pavés de la ruelle sont presque inexistants. Quelques dalles ça et là témoignent d'un passé où cette rue était usitée. Là, le mortier s'insinue entre mes griffes et salit mon pelage aux reflets grisés, habituellement blanc sur mon ventre. Je sens la fange s'infiltrer jusque dans la robe de ma queue qui balise ma trace de ses courts méandres. Et pourtant, je ne m'en soucie pas. Je cours libre, sans autre but que de jouer avec mes proies.

«Merwan ! » Une voix m'interpelle. Ce nom... Non. Je continue à trotter gaiement, mes membres me portant aussi vite que les sifflements du vent. Mes oreilles électriques semblent s'agacer vainement contre cette voix qui m'attire en un sens. Douce, étrangère et familière à la fois, entre parole et feulement... Je la connais, sans l'entendre.

« Merwan, arrête-toi tout de suite ! » Encore une fois. M'arrêter ? On me freine ? On veut me prendre ma liberté ? Fils d'écume, bruissement nocturne, je file sous la multitude des couleurs qui se tissent sous mes pattes. Là. Un craquement, une fissure, un souffle sur ma vision. Non. Pas ma liberté. Un coup sur mon cœur. Une fois.

« Merwan, viens ! » Deux fois. Je ne veux pas, ils ne vont pas me prendre. Des bois poussent du sol interrompant ma course. Hautains, dédaigneux, encore. Ils s'élèvent, me bloquent le passage, majestueux, là, devant moi, encore, et encore, ils poussent, s'élancent vers le ciel, ils m’oppressent, ils m'oppressent...

« Merwan ! » Trois. Un battement sourd. Les piliers de bois m'étouffent. Et ces yeux vitreux qui me regardent. Hypnotiques. Morts. Ils sont sortis de la brume, ils me voient, ils vont me prendre. Non. Je ne veux pas, je ne peux rien. La pupille s'est dilatée, gigantesque, blanche et laiteuse, malade... Et cette odeur nauséabonde qui m'enveloppe de nouveau. Et ce nom qui sonne, qui sonne... Ce nom...

 

Je me réveille en sursaut. Je m'étais assoupi dans la clairière au bord de l'eau. Le nom résonne encore à mes oreilles, comme un écho provenant du passé, écorchant vif mes tympans. Il fait nuit. Mon corps endolori réclame d'autres moments de repos. Je reprends mon souffle, essuie la sueur qui perle à mon front. Me recroquevillant sur moi-même, je tente de retrouver le sommeil. Et ce lointain passé qui me permettra de trouver une autre voie...

 

Je me retrouve de nouveau vautré dans la boue. Ma joue m'élance violemment. Je viens de prendre un coup. En face de moi, une autre créature, bien plus grande, me toise de sa hauteur, le geste de la gifle s'estompant alors que je la regarde. Sur son visage, au même instant disparaît une colère sévère lorsque je me lève et me tiens sur mes deux pattes arrières.

« Et bien, tu vois ! Enfin de retour ? » me dit-elle, d'un ton maternel et chaleureux. Je me jette dans ses bras, alors qu'elle m'enlace de ses petits bras fluets. Je me réfugie dans le pelage soyeux de son sternum, un sentiment de repos et de paix me saisissant. Et je sais que devant moi se trouve ma mère.

« Quand seras-tu enfin débarrassé de ta sauvagerie, Merwan ? », reprend-elle. « Cela fait longtemps maintenant que tu as connu l’Éveil...

- Je ne sais pas... » lui répondais-je alors, « C'est juste que... Ça m'appelle encore...cette frénésie...

- J'en parlerais à ton précepteur. Il faut que tu te concentres davantage sur l'humain qui est en toi. Qu'est-ce qui pourrait bien te tenter dans l'autre voie ?

- La course... L'air qui vibre d'un parfum différent, plus savoureux...

- Tu veux vivre comme un animal, c'est ça ? Comme une bête ?

- Non. Non, ce n'est pas ça... Mais lorsque je me laisse aller à ce sentiment, je peux voir les choses, sentir les êtres, je peux...

- Te ridiculiser surtout, voilà ce que tu fais, à courir à quatre pattes. Allez, viens. J'espère que tu ne t'es pas trop fais remarquer... où on va encore devoir payer pour tes bêtises... »

Et elle me tire à sa suite, et je nous vois, elle et moi, nous enfoncer dans les brumes d'un rêve, tiré d'un lointain souvenir, très lointain... Je sens les filets oniriques me tirer au réveil. Et pourtant, je garde en mon esprit la trace de ce souvenir qui m'est revenu. Sans parole, j'y reviens. Sans parole, je redeviens celui-là, libre.

Je tombe maintenant, à moins que ce ne soit le monde autour de moi qui s'élève... Et toujours, en fond, ce dard acéré qui ne me lâche pas. Il est là, toujours. Et il matraque mon cœur de son souvenir viscéral...

 

 

 

La brise légère étreint le havre amoureusement. Le doux roucoulement cristallin de l'eau accompagne les senteurs enchanteresses du musc et de la rosée, alors que des idiomes naturels s'échappent de quelques oiseaux perchés sur les branches épaisses où des feuilles de velours couvrent les cieux. Là, des rais de lumière viennent effleurer la faible brume du bosquet et cajoler le parcours des lucioles éparpillées, comme des poussières, sur les soupentes de la cascade. Je sors de ma léthargie petit à petit, relevant mon corps abîmé et me désaltérant à la source de fraîcheur.

L'étendue d'eau miroitante me révèle mon reflet. L'eau se stabilise, ondoyante, dévoilant mon visage aux traits fins où des sourcils arqués contournent de grands yeux aux bords bridés, puis se prolongent pour finir par s'allonger paresseusement sur mes tempes. Mes cheveux mi-longs et raides viennent ajuster les contours d'un faciès montrant mon héritage. En effet, le bas de mon visage s'étend en un museau caractéristique, bouche et nez se fondant en une seule extrémité avec le menton, et quelques moustaches frémissantes s'en échappant tels des traits de comètes. Sur ma peau matte, un duvet roux parsème mes pommettes, mais se développe farouchement en un véritable pelage sur le reste de mon corps partiellement dénudé. Une chemise beige en lambeaux révèle assez de ce dernier pour pouvoir apercevoir les courts poils grisés de mon poitrail, se démarquant subitement en roux au niveau des épaules. J'ai par ailleurs le cou élancé, légèrement plus long que la moyenne, et les membres courts, fluets, très proches du corps. Alors que je me relève, me dressant sur mes deux pattes arrières, humant l'air autour de moi, je peux sentir ma queue balayer le terrain, traînant derrière moi, et mes naseaux frétiller de cette multitude de couleurs façonnées par les senteurs environnantes.

Je suis bien la créature de mon rêve. Si j'ai grandis, vécu avec la sensation, la volonté, de rejeter cet héritage animal qui réside en mon corps, il fait bien parti de moi. Et là, au milieu des étendues sauvages, exilé, pourchassé comme une proie, peut-être est-ce mieux de l'embrasser entièrement à présent... Je suis un hybride. Entre homme et bête, création incongrue et artificielle, erreur de la nature, et pourtant bien vivante. Mon lignage dicte certains de mes comportements, et toute mon éducation revient à n'épouser que la raison, me mettant en garde contre les dérives instinctuelles de mon essence, mais plus maintenant. J'ai renoncé à la parole, premier pas vers un tout autre mode de vie, vers ma renaissance. Je suis un hybride. Et dans mon totem, je vis enfin, je vis.

... Sans Elle.

Prémisses d'un roman des hybrides.


 

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Commentaires (2)

1. Ruh 08/09/2012

Très bonne remarque ! Je modifie ça tout de suite. Merci pour la critique et les compliments.
Il n'y aura plus qu'a faire très attention à la présentation des prochains hybrides...

2. Lucioles 02/09/2012

L'image évoquée l'est par des phrases sortant de l'ordinaire, oscillant habilement entre le mouvement et la pensée. L'anxiété et la douleur du personnage sont perçu par le lecteur comme si lui-même courait pour fuir...
Un texte très sensitif plutôt que visuel, qui te prend un peu aux tripes (si vous me passez l'expression) !
Histoire de donner un bémol qui n'en ai pas vraiment un, je dirais simplement que l'hybride est une excellente idée... Mais dès que sort les mots "mi-homme, mi-belette", ça casse un peu le contexte jusque là... viscéralement "adulte". L'image de la créature étrange et inexplicable quasi sortie d'un best-seller de DF est remplacée par l'humain-blaireau qu'on retrouve dans les contes pour gosses... De quoi faire rire les moins passionnés.
Pourquoi ne pas laisser l'imagination du lecteur agrémenter le reflet de son inconscient ? Mettre un nom sur une chose, et celle-ci en perd sa mysticité...
Peut-être la belette s'expliquera-t-elle d'elle même dans la suite cependant ! En ce cas, je n'ai plus qu'à attendre, impatiemment, la suite.

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